mardi , 30 mai 2017
En Bref
Manque d’eau, jusqu’à quand?

Manque d’eau, jusqu’à quand?



Aujourd’hui j’ai décidé d’écrire sur un problème qui nous touche tous, celui de l’eau. Car  ne savant a qui m’adresser, ni s’il y a des gens que notre peine dérange, j’ai décidé d’écrire, pour dégager un peu cette frustration, en espérant que d’autre djiboutiens lirons et pourrons s’identifier à mon quotidien.

Alors voilà, aujourd’hui à midi, en rentrant d’une autre journée de travail non sans son lot de stress, je découvre qu’il n’y a pas d’eau pour se doucher. Les coupures d’eau font partie de notre quotidien, avec en moyenne 3 à 4 heures d’eau courante par jour (ou du moins chez moi). Mais aujourd’hui, il n’y en avait du tout pas. L’eau n’a pas coulé pendant près de 24 heures me dit-on et les réserves quotidiennes n’ont pu être faites. Déçu de ne pouvoir prendre ma douche de midi après une journée de travail, je décide de garder le cap en me disant que ça ira, que ça doit être l’expérience vécu par de milliers d’autres. Je passe à la table pour déjeuner et retrouve mon lit pour faire ma sieste (je n’ai qu’une heure avant de reprendre le travail l’après-midi).

A peine endormi, c’est au tour de l’électricité de “faire sa pause”; et en voilà un autre délestage! Les délestages, le cauchemar des djiboutiens, surtout en été ou l’on doit vivre sans électricité avec des températures dépassant les 40 dégrées Celsius. Mais depuis que cette fée hydroélectrique nous est venue d’Éthiopie il y a bientôt 2 ans, se cauchemar se faisait distant et nous nous empressions de le mettre derrière nous, comme un distant mauvais souvenir. Le revoilà ce souvenir, venant troubler mon sommeil tranquille. Je me réveille, agacé et frustré car en plus du manque d’eau, voilà que je dois maintenant supporter cette coupure électrique. Car même quand vous voulez ignorer ces difficultés quotidiennes, parce que les simples citoyens que nous sommes n’ont de toute façon, aucun pouvoir de décision ni d’influence, vous pouvez compter sur des organes comme l’EDD et l’ONEAD pour vous les rappeler.

Je me retrouve assis dehors en train de penser pourquoi devons-nous endurer tout cela et jusqu’à quand? Pourquoi un travailleur comme moi, productif et payant ses taxes, doit devoir supporter le manque d’eau et électricité en 2013? Je sors dehors prendre l’air. Et là je pense à ces factures de l’ONEAD qui, malgré une pénurie presque totale d’eau de plus d’un an maintenant, ne diminuent pas. Je repense à ces gens aux guichets de l’ONEAD qui vous regardent avec un air méprisant quand vous demandez pourquoi vos factures ne baissent pas alors que vous n’avez que 3 à 4 heures d’eau courante par jour.

Abasourdis par toutes les promesses, tous les articles de La Nation sur le futur dessalement d’eau de mer, tout cet atelier de “réflexion” sur la problématique de l’eau, ces meetings et séminaires qui n’en finissent pas, moi, j’attends toujours. Les meetings et les promesses c’est bien mais les résultats c’est mieux.

Notre pays en en situation de stress hydrique, mais sa nous le savons déjà. Ce que je ne comprends pas par contre, c’est comment l’ONEAD a, par exemple, permit la détérioration des conduites d’adduction a un point que le taux de perte d’eau sur le réseau de distribution dépasse les 50%? Oui, malgré le manque de ressources hydrauliques, plus de la moitié de l’eau produite est perdu pour manque de maintenance pendant des décennies. Cela explique-t-il la cherté des factures d’eau? Sommes-nous, en plus de ce que nous consommons, facturés les pertes aussi? Malgré une croissance démographique supérieure aux 3% par an, l’ONEAD ne semble pas avoir pas fait grand-chose non plus pour anticiper une plus grande demande.

Je ne vous parlerais même pas de l’installation de systèmes permettant l’utilisation efficace et optimum de l’eau. Que faisaient tous ces directeurs, techniciens, ministres et autre responsables qui se succédé des décennies durant? Ne me le demandez pas, mais ce que je sais, ce que l’on payait, toutes ces années durant.

Est-ce possible de ne pas être frustré quand on subit quotidiennement et de plein fouet, la négligence des autorités face à des questions aussi fondamentales que l’accès à l’eau courante? Comment ne pas être en colère quand l’on sait que tout cela est dû à l’indifférence des responsables payés pour justement gérer tout cela? Nous vivons dans un pays ou les responsables sont permis de piller les maigres ressources publiques sans se soucier de l’impact que cela aura sur la vie de centaine de milliers de personnes. Nous avons devons-nous une administration publique défaillante qui n’en a pas fini de nous extorquer, oui car il s’agit bel et bien d’extorsion dans beaucoup de cas. C’est frustrant, mais c’est notre quotidien.

Source : Araleh DI

 

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  • http://twitter.com/lambda_qouchi Sisyphe

    Merci les gars pour cet article qui ne relate au fond ce que vivent les djiboutiens d’ailleurs la dernière phrase résume très bien ce que nous pensons. Je trouve très agréable que les jeunes du pays puisse donner vos points de vue et les partagez avec des les autres internautes. Ce que je propose st la suivante que nos autorités qui nous méprisent viennent vivre pour 24h chez nous, en somme réinventons l’émission « Vis ma vie » de TF1 peut-être comprendront-ils notre situation quotidienne un jour….d’ici Allahow noo gargaar

  • http://www.facebook.com/cocoberrybrownies Amira Aboubaker Ahmed

    Article pertinent qui parle de la realite quotidienne des djiboutiens marre du délestage!! Nous ne souffrons pas de manque d’eau , mais du ‘laissez-faire » des instutions concernees ! :( super triste

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