Interview avec le président de l’organisation de la Diaspora pour le Développement et l’Investissement à Djibouti (L’ODDID), Alexis MOHAMED.

Bonjour Monsieur Alexis MOHAMED, de prime abord merci d’avoir accepté cette interview pour le magazine Djibcenter.
- Mr MOHAMED, vous êtes notamment le président de l’ODDID (Organisation de la Diaspora pour le Développement et l’Investissement à Djibouti), Comment vous est venue l’idée de créer une telle organisation?
D’abord, permettez-moi de vous remercier pour cette interview. En ce qui concerne la création de l’ODDID, c’est avant tout, une prise de conscience tout à fait naturelle, parce qu’il m’a semblé nécessaire et urgent que la communauté Djiboutienne d’où qu’elle soit devait se structurer et rattraper son retard face aux autres communautés africaines. Elle ne doit pas s’enfermer uniquement que dans les envois des livres ou des médicaments. Les actions de la Diaspora notamment celles en direction de son pays doit se faire sur le long terme tout en prenant part au débats et décisions dans les institutions internationales. Elle doit également s’investir d’avantage dans son pays d’accueil, ce qui est assez rare malheureusement.
- Pouvez-vous nous rappeler les objectifs de cette organisation en quelques mots ?
Comme vous le savez, la diaspora Djiboutienne constitue un élément stratégiquement important. Et sa structuration et son implication dans le développement du pays est donc essentielle car elle a, me semble t-il, un rôle majeur à jouer dans les processus des projets socio-économiques.
L’ODDID veut donner une réelle impulsion du rôle des émigrants, pour qu’ils soient les principaux acteurs de l’établissement de relations entre émigration et développement dans leur pays, car elle représente une manne de connaissances et d’expériences de terrain pour mieux accompagner les défis auxquels notre pays doit faire fasse, comme l’emploi, l’éducation, la santé, la jeunesse…
- Comment se sont présentées les premières expériences avec l’ODDID ?
Vous savez, quelque soit les difficultés que l’on puisse rencontrer, toute expérience est toujours positive que cela soit dans l’action individuelle ou collective, et en ce qui concerne cette organisation, la conscience de la structuration est très bien accueillie par l’ensemble des Djiboutiennes et Djiboutiens et au-delà de la France. Mais le prochain renouvellement de l’ensemble du bureau sera encore plus capital pour qu’enfin nous puissions lancer les grands travaux.
- D’où viennent les ressources qui financent l’organisation dans ses déplacements, colloques et autres ?
Pour être honnête, comme l’ODDID est une toute jeune organisation, il est très difficile de prétendre à des subventions et notamment européennes. Et pour financer nos déplacements comme nos actions, chaque membre du bureau y contribue. Nous n’avons donc aucune aide financière de la part de qui que ce soit. Mais cela n’est absolument rien quand on est animée et déterminé par son engagement. Et je peux vous dire combien cela reste valorisant.
- Quelles sont les missions prévues dans l’immédiat de l’ODDID ?
Après le colloque du mois de février à Nantes, il nous a semblé urgent d’élargir le bureau et surtout de motiver encore plus des compétences à nous rejoindre pour combler certaines lacunes dans le cadre de l’élaboration des projets portés par l’ODDID. Il est par ailleurs prévu aussi au mois de janvier-février prochain, l’organisation d’un premier congrès sur Paris, à condition bien évidement que les finances nous le permettent.
- Votre organisation cible particulièrement les jeunes du pays, sachant que votre siège social se trouve à l’étranger, comment comptez-vous vous y prendre ?
Je pense que vous confondez le CNDES et l’ODDID. Les réflexions et propositions menées dans le cadre du CNDES sur la politique économique et sociale à Djibouti n’ont rien à voir avec la démarche de l’ODDID qui concerne uniquement la Diaspora Djiboutienne. Mais il est vrai qu’aujourd’hui, comme hier ou comme demain, la question de notre jeunesse doit rester un sujet central de notre politique nationale, car elle est l’avenir du pays. D’ailleurs, certaines initiatives ont été entreprises par le Président de la République, comme le SNA ou l’accès au crédit dans le cadre de la création, mais nous devons encore aller plus loin. La question de la jeunesse doit se greffer à toutes les politiques mises en place et c’est la raison pour laquelle j’ai déjà proposé la création d’un observatoire et à l’élection d’un commissaire à l’égalité de chance pour répondre aux inégalités, quand à l’accès à l’emploi, à la formation voir même au stage en entreprise et ainsi dégripper l’ascenseur social qui me semble en panne. Mais je reste très optimiste la dessus car la volonté du gouvernement reste sans faille.
- Se concentrer sur le développement économique du pays, étant votre vocation principale, ne pensez-vous pas que l’économie d’un pays est étroitement liée à sa politique ?
Bien évidemment que notre développement économique doit rester notre objectif principal cependant, il doit être accompagné d’une politique sociale pour un meilleur partage de la richesse et répondre aux attentes de nos concitoyens.
Mais il ne faut pas oublier que la République de Djibouti part avec un grand handicape dans son développement économique, puisse qu’elle n’exploite aucune richesse naturelle. Néanmoins, toutes les actions doivent s’inscrire dans une politique globale qui déterminerait les priorités comme les urgences. Cela permettrait la fluide de leur gestion et faciliterait la coordination. Et c’est la raison pour laquelle j’ai proposé au Président de la République, la création d’un Conseil Economique et Social ou le BESRID (Bureau d’Evaluation, de Suivi et pour les Recherches de Initiatives de Développement).
L’autre urgence est de développer la création de plus de richesse, promouvoir d’avantage la création et aider les entreprises existantes à se diversifier et à se consolider et en échange elles devront participer d’avantage à la formation à l’insertion et à l’exclusion. Aujourd’hui nous avons un secteur privé très fragile parce qu’il vit en grande partie grâce au seul secteur publique, seul client potentiel et surtout faire respecter les règles de la réelle concurrence.
- Dites-nous monsieur MOHAMED vous, qui depuis maintenant quelques temps, partagez vos articles sur Djibcenter, qu’est que cela vous fait ? Quelle serait votre avis sur ce site ?
Tout d’abord c’est avec un réel plaisir que je partage avec vous et notamment par le biais de votre site, des idées et de réflexions qui me paraissent pertinentes et tout cela bien évidemment, dans un esprit constructif. Et j’admire la neutralité de toute l’équipe sur les débats qui peuvent en découler et c’est un de rare site ou l’extrémisme et le tribalisme n’ont pas leur place. Et je n’ aurais qu’un mot à dire « MERCI ».
Merci à vous de nous avoir accordé cette interview. Nous vous souhaitons beaucoup de courage pour la suite ainsi qu’à toute l’équipe.